Des engagements au service de la Cité
Article mis en ligne le 10 janvier 2014 par Jean-Dominique DURAND
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Depuis toujours l’engagement citoyen me paraît être d’une importance majeure. Je suis en cela fidèle à la Doctrine sociale de l’Eglise et aux interventions répétées des papes depuis notamment Léon XIII et surtout Pie XI, qui recommandent aux catholiques d’être présents dans la société, et d’avoir le courage de ’engager en politique dans le cadre des Etats démocratiques.

 

J’ai suivi avec passion les premières élections présidentielles en 1965, en particulier la campagne de Jean Lecanuet. Celle-ci a certainement déterminé mon engagement européiste et démocrate chrétien.

En 1968, j’adhère au Centre démocrate, le parti héritier du MRP issu de la guerre et de la Résistance. Etudiant en Histoire à Aix-en-Provence, j’ai été très marqué aussi par l’action de Jules Isaac, le fondateur de l’Amitié judéo-chrétienne, et j’en ai tiré un refus absolu de l’antisémitisme et de tout forme de discrimination raciste.

En 1969, j’ai milité en faveur de la candidature d’Alain Poher à la Présidence de la République. Lors des élections municipales de 1971, j’ai soutenu dans le cadre des accords existants entre le Centre Démocrate et la SFIO, le candidat socialiste, de centre-gauche, à Aix-en-Provence. A l’époque, de nombreuses communes étaient gérées depuis la Libération, par des majorités de centre-gauche, associant notamment la SFIO, les héritiers du MRP et le Parti radical. Ces majorités ont été hélas défaites par la stratégie de François Mitterrand d’Union de la Gauche, et le Programme commun de 1972, qui a rejeté les centristes vers des alliances plus à droite lors des municipales de 1977.

Pour ma part, agrégé de l’Université, professeur dans l’enseignement secondaire, nommé dans la région lyonnaise (à Vaulx-en-Velin) j’ai poursuivi mon engagement dans le Centre des Démocrates Sociaux (CDS), au niveau de la Fédération du Rhône, et en collaborant avec la revue du parti, "France-Forum". Mais je m’engageais aussi dans la préparation d’une thèse de doctorat d’Etat, portant sur le rôle de l’Eglise catholique en Italie au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale.

En 1981, mon engagement politique a pris un nouveau tournant lorsque Raymond Barre m’a proposé de l’aider dans les années qui venaient. J’ai été ainsi amené à devenir président de sa structure associative lyonnaise, Lyon-Rayonnement. J’ai donc assumé cette charge auprès de lui, jusqu’en 1988. Cependant j’ai toujours refusé toute candidature aux élections tant municipales que régionales, préférant à la fois l’étude de dossiers, et la poursuite de ma carrière universitaire, Maître de Conférences en 1988, puis Professeur à l’Université Jean Moulin-Lyon 3. 

Là, mon engagement, a pris un nouveau tour. Je n’étais plus membre d’un parti tout en restant fidèle à la Démocratie chrétienne. Peu de temps après mon arrivée à Lyon 3, j’ai été confronté à l’affaire Notin, du nom d’un maître de conférences en sciences économiques, négationniste. Interpellé en tant qu’historien, j’ai signé avec des collègues, une tribune dans Le Monde, et j’ai entrepris de rassembler les collègues de l’Université, de toutes convictions politiques ou syndicales, qui entendaient s’opposer à la fois au négationnisme et à certaines dérives dans cette Université. J’ai fondé l’Association René Cassin qui entendait défendre la déontologie universitaire et je l’ai présidée dans sa première année. Puis avec les collègues engagés dans cette Association, nous avons monté pour les élections internes des listes, regroupées sous le nom de "Concertation". Certes nous étions minoritaires, mais cela a fortement aidé à limiter les menées de certains groupes. En 1997, j’ai été candidat à la Présidence de l’Université, candidature de témoignage, mais qui a fortement marqué l’institution et l’a aidée à évoluer.

En 1998, j’ai été appelé à Rome comme conseiller culturel de l’Ambassade de France près le Saint-Siège, et directeur du Centre culturel français de Rome, le Centre Saint-Louis de France. Il s’agissait d’un autre type d’engagement, au service de la culture de notre pays laïc, dans toute sa diversité et de la faire connaître au Vatican.

De retour à Lyon en 2002 à l’issue de ma mission, j’ai été amené à prendre en charge, à partir de 2003, la présidence de la Fondation Fourvière. Nouveau type d’engagement, qui a duré dix ans, au service cette fois, de l’Eglise, du diocèse, mais aussi de la Cité, tant Fourvière est emblématique de Lyon. Mais aussi au service du dialogue entre les religions, avec notamment l’organisation des Journées pour la Paix de la Communauté de Sant’Egidio, en 2005.

Enfin, en 2014, voici que se profile un nouvel engagement toujours au service de la Cité. Je retrouve un engagement plus politique, dans la sphère du centre-gauche, où je me sens à l’aise, dans une ville très diverse où le vivre ensemble est un enjeu majeur. Gérard Collomb m’a proposé de le rejoindre, comme Raymond Barre l’a fait autrefois. J’ai accepté ce nouveau challenge, sans doute pas le plus facile pour moi, parce que je ne pense pas avoir le droit de me récuser et de m’enfermer dans la tour d’ivoire de la recherche historique, et parce que j’adhère à sa volonté d’unir toutes les forces de notre ville, y compris spirituelles, pour un projet résolument humaniste.

 

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