2014 : le Vieux-Lyon fête les 50 ans de sa sauvegarde
Article mis en ligne le 29 avril 2014 par Jean-Dominique DURAND
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Retrouvez ci-dessous le texte de ma conférence de presse du 29 avril 2014 :

Mesdames et Messieurs, je suis très heureux, de vous accueillir ici, en l’Hôtel de Ville, avec Madame Véronique Nether, Présidente de Renaissance du Vieux-Lyon, en présence de Monsieur Thomas Rudigoz, Maire du 5° arrondissement, pour évoquer avec vous le 50° anniversaire du classement du secteur sauvegardé du Vieux-Lyon.

La Ville de Lyon fête en effet à partir du mois de mai 2014, le 50° anniversaire du décret signé le 12 mai 1964 par André Malraux, ministre de la Culture, faisant du Vieux-Lyon, le premier Secteur sauvegardé de France. C’était la première application de la loi du 4 août 1962, qui porte son nom, la Loi Malraux. Quatre autres secteurs sauvegardés furent établis par la suite dans la même année 1964, à Sarlat (27 août), Troyes (21 septembre), Avignon (8 octobre), et Paris, quartier du Marais (21 décembre).

La loi Malraux tient en deux brefs articles. Elle avait pour but, a dit son auteur dans le discours fameux qu’il prononça le 23 juillet 1962 devant l’Assemblée Nationale, à la fois d’éviter la disparition de quartiers historiques sous les coups de démolisseurs agissant au nom de la modernité, et de requalifier le patrimoine historique, architectural et urbain. La grande nouveauté de la loi peut se résumer en quatre verbes : identifier, sauver, protéger, adapter.

Identifier dans les villes non plus des monuments isolés comme le prévoyait la loi sur les monuments historiques du 31 décembre 1913 (une église, une belle maison, une tour…) mais un quartier avec sa cohérence historique et architecturale. Sauver, c’est-à-dire résister aux pressions de ceux, maires, architectes, promoteurs, qui veulent moderniser la ville, dresser de hauts immeubles, tracer des voies nouvelles, développer le trafic automobile, en supprimant des quartiers devenus vétustes. Protéger, c’est-à-dire donner les armes juridiques et financières pour garantir l’avenir des quartiers identifiés. Adapter, c’est-à-dire moderniser les logements, rendre les quartiers identifiés conformes aux exigences de la vie moderne en termes de conforme, d’hygiène de sécurité.

Il s’agissait, « au nom de l’avenir », disait Malraux, de répondre aux projets de rénovation urbaine nombreux à l’époque, qui tenaient en deux verbes, détruire et reconstruire. En ce sens, Malraux fut prophète. Il déclarait : « Les nations ne sont plus seulement sensibles aux chefs d’œuvre, elles le sont devenues à la seule présence de leur passé. Ici est le point décisif : elles ont découvert que l’âme de ce passé n’est pas faite que de chefs d’œuvre, qu’en architecture un chef d’œuvre isolé risque d’être un chef d’œuvre mort ».

C’est bien dans cet état d’esprit que la Ville de Lyon œuvre en faveur de son secteur sauvegardé : il ne s’agit certes pas d’en faire un quartier-musée figé dans le passé, comme on peut le voir ailleurs en Europe (pensons à Venise ou à Dubrovnik). Le Vieux Lyon est au contraire un quartier plein de vie, inséré dans le secteur reconnu comme Patrimoine de l’humanité par l’UNESCO, aux activités culturelles et artistiques nombreuses, une présence touristique importante (le quartier le plus visité de Lyon), mais aussi avec de vrais habitants. Gérard Collomb a toujours veillé aussi à ce que le Vieux Lyon jouisse d’une réelle mixité sociale avec une présence significative de logements sociaux. Le Vieux-Lyon doit rester un quartier vivant et mixte.

Je suis particulièrement heureux de débuter en quelque sorte ma mission d’adjoint au maire chargé du Patrimoine par cet anniversaire qui me donne l’occasion de saluer l’action exemplaire que mène depuis 1946 (70 ans en 2016 !) Renaissance du Vieux-Lyon qui s’est tant battu pour sauver d’abord, puis transformer et faire prospérer ce magnifique quartier. Malraux parlait de « résurrection » à propos de ces quartiers. Renaissance du Vieux-Lyon a dû se battre parfois contre des maires et contre certains architectes. Aujourd’hui on peut parler d’une véritable symbiose entre Renaissance et la Ville de Lyon, dans une belle complémentarité entre la municipalité et le tissu associatif. Je veux rendre hommage ici à tous ceux qui se sont impliqués dans le passé pour parvenir à un tel résultat, qu’il s’agisse des responsables de Renaissance du Vieux-Lyon, Denis Eyraud, Régis Neyret, des architectes, Didier Repellin, Jean-Gabriel Mortamet, des responsables politiques Jacques Moulinier adjoint au maire de Lyon, Yves Bruyas au Conseil Général, et surtout Bernadette Isaac-Sibille, comme maire du 5°, sans oublier Bernard Villeneuve à l’OPAC du Rhône. Sans ces pionniers, sans ces visionnaires, nous ne jouirions pas de ce joyau merveilleux qu’est le Vieux-Lyon.

Je vous propose maintenant de prendre connaissance du riche programme élaboré par Renaissance du Vieux-Lyon, et je donne la parole sans plus tarder à Madame Nether.

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