On meurt pour l’Europe !
Article mis en ligne le 18 mai 2014 par Jean-Dominique DURAND
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L’Europe est malade du populisme, du mensonge et du pessimisme. La campagne électorale pour les élections européennes apporte chaque jour son lot d’arguments fondés sur l’ignorance et la démagogie. Populisme et pessimisme sont deux aspects d’une même maladie. Le premier se nourrit des peurs nées de la seconde. Les Européens ne croient plus dans l’Europe, ils en viennent même à avoir peur de l’Europe, de ses valeurs, de son identité.

Pourtant, l’Europe reste un phare pour l’humanité. On meurt pour l’Europe, chaque jour, pour rejoindre l’Europe, pour devenir Européen. Pour des milliers de personnes à travers le monde, l’Europe est le monde meilleur, elle est une espérance. L’espérance, l’unique espérance. Europe veut dire Paix, Justice sociale, solidarité, Droits de l’Homme, Démocratie, Respect de tous, et aussi Prospérité économique dans un monde de misère.

Des milliers d’hommes et de femmes sont prêts à mourir pour l’Europe ! Les événements de l’Ukraine montrent que l’Union Européenne, avec ses limites, ses difficultés économiques, et même ses absurdités bureaucratiques, disent combien l’Europe, plus de vingt ans après le démantèlement du Rideau de fer et la fin de l’Union Soviétique, est un modèle d’humanité pour les nations libérées de la dictature, même pour celles qui n’ont pas encore pu adhérer à l’Union. Entre une Russie qui reste prisonnière d’un système autoritaire hérité à la fois de la vieille Russie des tsars et du bolchevisme, et une Europe démocratique où toutes les libertés sont garanties, les Ukrainiens veulent s’orienter vers cette dernière.

Si l’on regarde vers Lampedusa, cette petite île italienne, pointe la plus méridionale de l’Italie à quelques kilomètres de l’Afrique du Nord. Elle partage avec Ceuta, enclave espagnole au Nord du Maroc, le fait d’être une « porte de l’Europe », porte de l’espérance pour d’innombrables personnes qui, après des voyages hallucinants à travers le désert, se massent dans de pauvres embarcations, victimes de trafiquants qui veulent exploiter la pauvreté. Beaucoup n’arriveront jamais, transformant la Méditerranée en cimetière. Combien ? On ne le sait pas. Mais nous savons qu’aucun obstacle ne peut empêcher le départ des désespérés : ni le désert ni la mer, ni les trafiquants ni la peur, et nous savons que les peurs son nombreux. Parce que, comme le disait Paul VI, pour de nombreux peuples, l’Europe est un phare de civilisation. C’est pour cette raison que le 8 juillet 2013, après un nouveau drame, le pape François a voulu réveiller les consciences, dénoncer « la globalisation », en soulignant les responsabilités des européens en général, et celle des chrétiens en particulier.

Les cris des morts de Kiev et des noyés dans la méditerranée, nous disent que l’Europe doit absolument, pour le monde entier qui la regarde, guérir de ses maladies, secouer son égoïsme, pour rester fidèle à l’esprit des ses fondateurs, pour retrouver un souffle vital. En 2012, en attribuant le Prix Nobel de la Paix à l’Union Européenne, le Comité Nobel justifiait ainsi son choix : « Le travail de l’Union Européenne est un symbole de la fraternité entre les nations. Telle est la raison de la nécessité d’accueilli les cris des morts, et de soigner l’Europe du populisme et du pessimisme, pour reprendre la marche en avant sans peur : « N’ayez pas peur ! » disait Jean-Paul II, un grand européiste.

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