2 juillet 2014 - Discours en l’honneur de Thomas Jefferson
Article mis en ligne le 3 juillet 2014 par Jean-Dominique DURAND
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Monsieur le Consul général des États-Unis, Monsieur le Maire du 2e arrondissement, Monsieur le Grand Rabbin, Monsieur le Président de l’Association « Les Ponts du cœur », Mesdames et Messieurs les élus, Mesdames et Messieur les représentants des Associations, Mesdames et Messieurs,

Lyon rend aujourd’hui un hommage éclatant à Thomas Jefferson, et à travers lui, aux États-Unis, notre allié, notre ami des bons et des mauvais jours. En ces jours où nous commémorons le 70° anniversaire de tant d’événements cruciaux de notre histoire commune, du Débarquement en Normandie, le 6 juin 1944, l’Opération Overlord, à la libération de notre territoire, remonter le temps jusqu’à Jefferson, mais aussi avec lui jusqu’à Benjamin Franklin, George Washington et le général de La Fayette, jusqu’à la fin du XVIII° siècle, signifie souligner la profondeur historique du lien fondamental qui unit la France et les États-Unis. Il ne s’agit pas d’une alliance circonstancielle ou stratégique - seules quelques disputes ont pu être circonstancielles - mais bien d’une unité de vues fondée depuis plus de deux siècles, sur des valeurs fondamentales, les libertés, les droits de la personne humaine, la justice sociale.

Je remercie l’Association « Les Ponts du cœur » et son président, Monsieur Pierre-Jean Meurisse qui a pris l’initiative il y a déjà plusieurs années, de proposer à la Ville de Lyon, avec beaucoup de générosité, la pose d’une plaque commémorative en l’honneur de Thomas Jefferson.

Jefferson était un grand ami de la France, où il vécut comme ambassadeur de la jeune République américaine à Paris, de mai 1985 à août 1789. Il aimait notre langue. Il devait beaucoup à la culture française, aux philosophes français. Il en a tiré bien des enseignements pour son pays : une forte critique de la monarchie absolue, le refus de l’arbitraire, le goût de la liberté, l’attachement à l’égalité. Homme du XVIII° siècle et des Lumières (il est né en 1743), il est l’un des auteurs de la Déclaration d’Indépendance des États-Unis, il s’affirmait républicain et entendait construire le nouvel État sur les libertés, toutes les libertés, y compris religieuses. Troisième Président des États-Unis de 1801 à 1809, il renforça les institutions encore fragiles, en affirmant la suprématie du Droit sur la force, en menant une politique de paix dans un monde troublé depuis 1792 par la guerre quasi permanente et agrandit le territoire d’une manière considérable en convainquant la France de vendre la Louisiane, le tiers du territoire actuel des États-Unis. Attaché à la justice sociale, hostile à l’esclavage, il entendait placer la personne humaine au cœur de ses réflexions et de son action politique. Attentif au développement de l’éducation, même pour les plus pauvres, il fonda l’Université de Virginie.

Monsieur Meurisse, je vous remercie d’avoir inscrit Lyon parmi les quarante-cinq villes françaises parcourues ou simplement traversées par Thomas Jefferson, durant son séjour diplomatique en France, à la veille de la Révolution française. Il n’est pas resté longtemps à Lyon, seulement quelques jours, du 11 au 15 mars 1787. Nous savons par ses notes, qu’il a emprunté l’antique pont d’Ainay sur la Saône, un pont en bois aujourd’hui disparu à la suite des destructions de la Libération en 1944, mais dont on aperçoit encore la première pile. La plaque que nous dévoilons est placée à quelques pas de ce pont, sur les bas-ports de la rivière, elle se situe sur un beau lieu de passage et de promenade des familles lyonnaises, qui se réapproprient ce lieu grâce au magnifique aménagement des Rives de Saône. Celui-ci a été voulu par notre maire, Gérard Collomb pour offrir à nos concitoyens et aux touristes, des vues nouvelles sur notre belle ville, en même temps qu’un long parcours de plusieurs kilomètres jusquà Neuville. De ce pont, Jefferson a pu admirer le site de notre ville, ses fleuves et ses collines, son patrimoine d’églises nombreuses et de monastères, parmi lesquels notre belle cathédrale gothique, mais surtout lui qui était attentif au développement économique, il a pu être impressionné par l’ampleur des activités industrielles, textiles notamment, l’esprit d’entreprise si développé à Lyon. Peu de temps avant sa venue, le marquis Jouffroy d’Abbans avait réussit le 15 juillet 1783 à faire remonter la Saône à contre-courant à son Pyroscaphe, le premier navire à vapeur, de la cathédrale Saint-Jean à l’île Barbe, en 15 minutes, un an avant James Rumsey sur le Potomac. Robert Fulton a reconnu cet antécédent : « Si la gloire ne devait revenir qu’à un seul homme, elle reviendrait à l’auteur des expériences menées sur la Saône à Lyon en 1783 ».

Cette plaque est un nouveau signe de l’expression de l’amitié franco-américaine à Lyon. En 1917, le maire de Lyon, Édouard Herriot donna le nom des États-Unis à un quartier en plein développement, dont la construction était confiée à un éminent architecte, Tony Garnier, un quartier qui se voulait un modèle d’urbanisme et d’architecture pour les classes modestes, une Cité idéale, la réalisation d’une utopie. Il entendait par là remercier l’arrivée des troupes américaines en France, conduites par le général John Pershing, renouant avec l’intervention de La Fayette dans la guerre d’indépendance américaine : « La Fayette we are here » s’exclama l’un de ses officiers. Bien des personnalités américaines sont présentes dans l’espace public lyonnais, du Président Franklin Roosevelt à Martin Luther King, triplement honoré par un espace dans le parc de la Tête d’Or à côté du monument des Droits de l’Homme, un lycée qui porte son nom dans le 9° arrondissement, un buste devant la Bourse du Travail dans le 3°, , sans oublier le général Eisenhower. Lyon reçoit également la visite de nombreux touristes américains, et surtout des mécènes qui se passionnent pour le patrimoine lyonnais. Je pense en particulier à la chapelle de l’Hôtel-Dieu, dont le lustre d’antan est magnifique restauré grâce à des donateurs américains qui se souviennent de l’amitié qui liait Jefferson et La Fayette, une amitié fondatrice.

Ces valeurs de liberté, de droits humains, de justice sociale, Liberté, Égalité, Fraternité en quelque sorte, résumés par Thomas Jefferson, auxquels la Ville de Lyon, Capitale de la Résistance, est profondément attachée nous unissent, Monsieur le Consul général, hier comme aujourd’hui.

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