20 mars 2015 : Allocution d’accueil à l’Hôtel de Ville du 9° Festival Européen Latin Grec
Article mis en ligne le 20 mars 2015 par Jean-Dominique DURAND
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Madame la Consule de Grèce à Lyon, Mesdames et Messieurs les professeurs, chers Collègues, Mesdemoiselles et Messieurs les étudiants et élèves, Mesdames et Messieurs les représentants des lycées de Brescia, de Catania et d’Acireale, Mesdames et Messieurs, Chère Élisabeth Antepi,

La mission d’un adjoint au Maire dans une commune comme Lyon est formidable, passionnante, elle donne des journées très remplies pratiquement du lundi au dimanche. Elle est faite de rencontres nombreuses et variées, de moments parfois fastidieux, de moments auxquels on fait face par devoir, de moments riches et pleins de joie. Je place notre rencontre d’aujourd’hui parmi ces moments joyeux. Votre programme, « Savants, Magiciennes, Devins » est d’une extraordinaire diversité, alliant la poésie, le théâtre, l’écriture, les joutes oratoires, les mathématiques, le chant, des jeux, des conférences. Le sérieux est toujours proche du rire, ou plutôt votre festival propose de rire sérieusement comme Guignol qui parle le lyonnais en latin. Je ne sais pas s’il y a à Lyon beaucoup de magiciennes (pourquoi pas des magiciens ?) et de devins, mais la mémoire lyonnaise retient beaucoup de savants : des médecins, François Rabelais qui exerça à l’Hôtel-Dieu, Léon Bérard pionnier de la recherche contre le cancer, Claude Bernard, inventeur de la médecine expérimentale et tant d’autres ; les savants lyonnais sont aussi des pionniers de la recherche biomédicale comme Charles Mérieux, des mathématiciens et physiciens comme Ampère, des industriels inventeurs comme Marius Berliet et les frères Louis et Auguste Lumière, inventeurs de cette magie qu’est le cinéma.

La ville de Lyon est heureuse de vous accueillir, pour au moins trois raisons.

La première, c’est que Lyon entend ne pas oublier ses racines romaines, sa fondation par Munatius Plancus, fondateur de Lugdunum en 43 avant Jésus-Christ, que nous honorerons bientôt en lui donnant le nom d’une belle promenade dans le 5° arrondissement, qui conduit du Parc de la Visitation au théâtre romain et au Musée gallo-romain. Notre service de fouilles archéologiques est très actif, et vient encore de faire de précieuses découvertes. Lyon a vu naître les empereurs romains Claude et Caracalla. Le premier, né en 10 AC, fut le premier empereur romain né hors d’Italie, il élargit la citoyenneté romaine au Gaulois, prononçant un discours célèbre devant le Sénat à Rome en 48, qui fut gravé sur une table de bronze, la Table claudienne, conservée au Musée gallo-romain ; le deuxième qui régna de 211 à 217 étendit par un édit, la citoyenneté romaine à tous les habitants de l’empire. Lyon a un quartier archéologique de grande ampleur, situé dans le périmètre reconnu par l’Unesco comme Patrimoine de l’Humanité, et un important Musée gallo-romain, placé dans un écrin architectural audacieux. Je ne veux pas oublier le Musée des moulages trop méconnu, qui rassemble à l’Université Lyon 2, une remarquable collection de copies anciennes de statues grecques et romaines.

La deuxième, c’est que nos Universités sont fortes d’un enseignement de langues anciennes de grande qualité, et je salue le Professeur Paul Mattéi, de puissantes recherches archéologiques, avec la Maison de l’Orient et de la Méditerranée, fondée en 1975 par le grand spécialiste de la Grèce antique, Jean Pouilloux. La M.O.M. comme nous disons avec affection et admiration fête cette année son 40° anniversaire. Elle effectue un travail exemplaire sur les mondes anciens et offre notamment une bibliothèque de près de 70.000 volumes. Trait d’union entre le CNRS, l’Université d’État et l’Université catholique, l’Institut des Sources Chrétiennes produit inlassablement depuis plus de 70 ans, des ouvrages savants, les textes fondateurs du christianisme, le plus souvent en grec et en latin, parfois aussi en syriaque, arabe ou géorgien, avec la traduction en français et un appareil scientifique impressionnant. 566 volumes ont été publiés à ce jour, et la bibliothèque propose aux lecteurs plus de 20.000 volumes. Je n’oublie pas l’École Nationale Supérieure et les grands lycées, comme le Parc, où les langues anciennes occupent une place d’excellence.

La troisième raison tient à la tradition d’accueil et de dialogue qui se pratique à Lyon. L’humanisme est une vertu vécue à Lyon. Je salue tout particulièrement nos amis italiens de Brescia, ville que je connais bien, où je me rends trois ou quatre fois par an, et de Catania et d’Acireale, merveilleuses cités ioniennes, perles baroques, capitales des pupi et d’une pâtisserie succulente. Comme vos cités, Lyon est ouverte sur le bassin Méditerranéen et sur l’altérité. Les premiers chrétiens venaient de l’Orient. Le premier évêque, saint Pothin et ses compagnons martyrisés en 177 venaient de l’Orient. Ils ont créé le premier foyer de christianisme en Gaule, ce qui vaut à l’archevêque de Lyon, le titre honorifique de Primat des Gaules.

Mais pourquoi un festival grec et latin, désormais basé à Lyon ? Il s’agit de promouvoir l’étude du grec et du latin, et avec Gérard Collomb, Sénateur-Maire de Lyon, Président de la Métropole lyonnaise, agrégé de Lettres classiques, notre ville se réjouit d’accueillir le siège du Festival. Le grec et le latin sont de magnifiques écoles de précision de la pensée. « Avoir une grammaire précise, c’est avoir une précision de la pensée », dit Gérard Collomb. L’apprentissage de ces langues permet de structurer le raisonnement, de comprendre les mots que l’ion utilise, mais aussi de s’imprégner de civilisations fondatrices dans les domaines du droit, de l’architecture, de la politique, de la rhétorique de l’art, du théâtre et de la poésie, et même du sport si l’on songe aux Jeux Olympiques. Athènes et Rome sont parmi les racines principales de la civilisation européenne, de la démocratie, du débat politique dont l’agora et le forum étaient les lieux privilégiés. Apprendre le grec et le latin, ce n’est pas s’enfermer dans une érudition passéiste, c’est au contraire se donner des armes pour appréhender le monde d’aujourd’hui, s’y confronter, et aimer ce qui fait l’unité intrinsèque de l’Europe, c’est former des citoyens. On ne peut que regretter que leur enseignement ait été si réduit dans l’enseignement secondaire. Mais c’est justement pour cette raison que votre Festival est si important pour éveiller les consciences, et que nous vous remercions de le tenir à Lyon.

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