29 mai 2015 : Discours d’ouverture du Colloque scientifique Roses, mettez-vous au parfum - Lyon, Centre des Congrès
Article mis en ligne le 29 mai 2015 par Jean-Dominique DURAND
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Monsieur le Président de la Société Nationale d’Horticulture Française, Monsieur Henri Delbard, Madame la Présidente du Conseil scientifique de la SNHF, Monsieur le Directeur des Espaces verts de la Ville de Lyon, cher Daniel Boulens, Chers Collègues, Mesdames et Messieurs,

C’est avec un très grand plaisir et le sentiment d’un immense honneur, que je viens vous apporter le salut de la Ville de Lyon, au nom de Monsieur Gérard Collomb, Sénateur-Maire de notre Ville et Président de notre Métropole lyonnaise. C’est aussi avec un grand intérêt scientifique que l’historien que je suis participe à l’ouverture de votre colloque. En effet, vous travaillez sur un terrain qui se trouve bien éloigné du mien, encore que j’observe, à parcourir votre programme, que vous ne laissez pas de côté l’aspect historique de la connaissance de la rose. Celle-ci a fait des progrès considérables au cours des deux derniers siècles. Beaucoup de ces découvertes ont été faites à Lyon, grâce aux rosiéristes et aux chercheurs lyonnais, jusqu’à aujourd’hui, avec l’Unité de recherche de l’École Normale Supérieure et de l’Université Lyon 1, en liens avec les universités de Saint-Étienne et d’Angers, « Laboratoire de reproduction et de développement des plantes » qui travaille notamment sur le génome de la rose, permettant de créer une identité génétique de la rose et de maîtriser les mécanismes utilisés pour l’élaboration du parfum de la rose. Il s’agit en effet d’étudier les mécanismes de reproduction dans une approche pluridisciplinaire associant l’approche génétique, la biologie cellulaire et moléculaire, la biochimie. On sait toute la complexité de l’élaboration d’une rose. Seul l’écrivain Anatole France pouvait avoir l’audace de penser que « c’est en croyant aux roses qu’on les fait éclore ». En réalité, croire ne suffit pas, il faut beaucoup de persévérance et de science. Je me réjouis aussi de voir que plusieurs communications sont consacrées à la démarche historienne, et que la Société Nationale d’Horticulture Française va récompenser la belle thèse de Nathalie Ferrand, docteure en Histoire de l’Université Lumière-Lyon 2. Cette rencontre si riche de perspectives entre la recherche historique et la recherche scientifique, sans oublier la recherche médicale autour de la Rose, montre que Lyon reste un pôle majeur de recherche sur la Rose. Votre Colloque prend place au sein du 17° Congrès mondial de la Rose, pour lequel la Ville de Lyon s’est littéralement mobilisée : mobilisation des institutions culturelles, musées, archives, opéra, auditorium, universités, mobilisation des services de la Ville, notamment du Service des espaces verts, mais aussi des services de la Communication, de la Voirie, mobilisation des commerçants et des citoyens. Lyon vit depuis quelques semaines au rythme de la Rose. Nous avons ainsi redécouvert une mémoire qui s’était un peu enfouie, grâce à une multitude d’initiatives les plus diverses : création de roses nouvelles, expositions, ateliers de peinture, ateliers d’écriture, ateliers d’art floral, lectures, conférences, concerts, films, publications d’ouvrages, contes, balades urbaines, tous les arrondissements et bien des communes environnantes mobilisés, des activités pour tous, adultes, enfants, familles. Près de sept-cents animations réparties dans tous les arrondissements, dont quatre grandes expositions, plus de trois mille commerçants mobilisés. Lyon, berceau de la Rose, se réapproprie ainsi un pan important de sa mémoire, associant les activités ludiques, les activités culturelles, les activités scientifiques dont vous témoignez, les Actes de Mémoire avec par exemple l’attribution du nom du grand rosiériste Jean-Baptiste Guillot à un square dans le 3° arrondissement, ou la plantation d’une nouvelle rose, la rose Drakkar, créée par Matthias Meilland, en souvenir des 58 militaires français tués à Beyrouth en le 23 octobre 1983, et en hommage aux soldats morts pour la France en Opérations Extérieures. Lyon se réapproprie son histoire aussi en mettant en valeur la beauté de ses fontaines, de ses murs peints, de ses cours intérieures (le Musée Gadagne, l’Hôtel de Ville), de ses rues, de ses jardins (en particulier la Grande Roseraie du Parc de la Tête d’Or, mais aussi de sa roseraie historique enrichie au début du XIX° siècle par l’impératrice Joséphine). Le Congrès des Roses permet de faire prendre conscience aux Lyonnais de leur propre mémoire de la Rose. Depuis 1844, la Société d’Horticulture Pratique du Rhône, devenue ensuite la Société Lyonnaise d’Horticulture était un lieu d’initiation et d’échanges pour ceux qui s’intéressent aux jardins et à l’art floral. C’est à Lyon qu’avait été créée en 1896, la Société nationale des Rosiéristes français, devenue ensuite la Société Française des Rosiéristes, puis en 1946, la Société Française des Roses. Elle a été voulue par les rosiéristes lyonnais, les Croix, les Gaujard, les Guillot, les Laperrière, les Meilland, les Orard, les Pernet-Ducher. Les rosiéristes lyonnais, nombreux (on a compté jusqu’à 120 rosiéristes à Lyon au XIX° siècle !), diversifiés et novateurs, ont donné jusqu’à 60% de la production mondiale. A la même époque, à Lyon, furent créés des milliers d’espèces nouvelles de fleurs, mais aussi de fruits et de légumes. Horticulture et botanique étaient liées à bien d’autres activités, de la soierie à la pharmacie, de la peinture à l’aménagement de jardins. Lors de l’Exposition internationale tenue à Lyon en 1894, 12.000 pieds de rosiers de 3.000 variétés différentes, produits à Lyon, furent présentés. Beauté lyonnaise, Bijou de Lyon, Coquette de Lyon, Gloire de Lyon , Merveille de Lyon, Perfection de Lyon, Pompon de Lyon, Prestige de Lyon, Triomphe de Lyon, mais aussi Notre dame de Fourvière, aujourd’hui OnlyLyon. La liste est longue, qui égrène les roses – au nombre de cinquante-deux - créées en l’honneur de notre Ville ou de l’un de ses quartiers, avec des noms qui traduisent à la fois l’imagination des obtenteurs, et leur fierté lyonnaise. C’est qu’aucune ville n’aura autant inspiré les obtenteurs ; les Lyonnais ont créé plus de 3.000 roses entre 1835 et 1914, alors que des champs de rosiers s’étendaient sur plusieurs hectares, à La Guillotière, à Vaise, à Monplaisir notamment. Et n’oublions pas des roses mondialement connues, comme Soleil d’or, la première rose jaune créée en 1898, ou la rose Peace en 1946 créée par Francis Meilland pour saluer une nouvelle ère de paix.

Comme la Rose du Petit Prince, créée en 1956 par Joseph Laperrière, rosiériste à Champagne-au-Mont d’Or, la Reine des fleurs a conquis depuis longtemps le cœur des Lyonnais.

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