19 mai 2015 : Inauguration de l’exposition Au commencement de la grande roseraie du Parc Archives Municipales de Lyon
Article mis en ligne le 19 mai 2015 par Jean-Dominique DURAND
Imprimer cet article logo imprimer {id_article}

Monsieur l’Adjoint au Maire, délégué aux Espaces verts, cher Alain, Madame la directrice des Archives Municipales de Lyon, chère Anne-Catherine Marin, Monsieur le Directeur des Archives Départementales et Métropolitaines, Monsieur le Directeur des Espaces verts de la Ville de Lyon, Madame et Messieurs les Président€s des Associations qui oeuvrent à Lyon à la Promotion de la Rose, Monsieur l’ingénieur, Pierre Arnaudon, Mesdames et Messieurs,

Voici exactement cinquante et un an et un mois, le 19 juin 1964, le maire de Lyon Louis Pradel, inaugurait en grande pompe la Grande Roseraie du Parc de la Tête d’Or, en compagnie de hautes personnalités politiques, religieuses, mondaines, françaises et étrangères que l’on reconnaît à travers les photographies exposées. Parmi elles, la Bégum Aga Khan, épouse de l’Aga Khan III, chef spirituel des ismaëliens nizarites. Née Yvette Labrousse, elle avait été Miss Lyon en 1929, puis Miss France en 1930, et figurait certainement ce jour-là, parmi les plus belles plantes du Parc ! Cette cérémonie très mondaine, en présence du ministre de l’Agriculture Edgar Pisani du secrétaire d’Ètat à la Jeunesse et aux Sports, Maurice Herzog, député de Lyon, de la princesse Grace de Monaco, de nombreux ambassadeurs, et même du cardinal Gerlier malgré son grand âge, fut un événement. C’était l’aboutissement d’un vaste chantier, qui avait duré près de quatre ans, dirigé par l’ingénieur André Chabert, directeur du Service des Cultures comme on disait alors, assisté par l’ingénieur Pierre Arnaudon, qui nous fait l’honneur d’être parmi nous ce soir, et de Claude Rougis, réalisé par le paysagiste Henri Paquet. Peut-être Louis Pradel voulait-il se faire pardonner la destruction qu’il préparait alors de la place Carnot par le passage de l’autoroute en pleine ville ?

Lyon, berceau de la Rose, se réappropriait un pan important de sa mémoire. Certes, la Grande Roseraie n’était pas la première roseraie de Lyon. La Roseraie du Jardin botanique, roseraie historique, avait été installée sur les pentes de la Croix-Rousse à la fin du XVIII° siècle. Elle avait été enrichie par l’impératrice Joséphine en 1805. A vocation scientifique et pédagogique, elle fut transférée au Parc de la Tête d’Or en 1856 ; elle raconte l’histoire de la rose depuis les roses sauvages jusqu’aux productions actuelles, à travers 300 variétés. Dans le Parc, l’on trouve encore la Roseraie de Concours, dessinée en 1931 afin d’exposer les rosiers avant leur commercialisation, avec en juin, le Concours international de Roses nouvelles de Lyon. Il manquait un vaste espace, populaire, une roseraie paysagère, un jardin de roses. C’était l’objectif de la Grande Roseraie, installée sur cinq hectares, avec ses 40.000 rosiers répartis en 400 variétés. Elle permit de faire prendre conscience aux Lyonnais de leur mémoire de la Rose. Depuis 1844, la Société d’Horticulture Pratique du Rhône, devenue ensuite la Société Lyonnaise d’Horticulture était un lieu d’initiation et d’échanges pour ceux qui s’intéressent aux jardins et à l’art floral. C’est à Lyon qu’avait été créée en 1896, la Société nationale des Rosiéristes français, devenue ensuite la Société Française des Rosiéristes, puis en 1946, la Société Française des Roses. Elle a été voulue par les rosiéristes lyonnais, les Croix, les Gaujard, les Guillot, les Laperrière, les Meilland, les Orard, les Pernet-Ducher. Les rosiéristes lyonnais, nombreux (on a compté jusqu’à 120 rosiéristes à Lyon au XIX° siècle !), diversifiés et novateurs, ont donné jusqu’à 60% de la production mondiale. A la même époque, à Lyon, furent créés des milliers d’espèces nouvelles de fleurs, mais aussi de fruits et de légumes. Horticulture et botanique étaient liées à bien d’autres activités, de la soierie à la pharmacie, de la peinture à l’aménagement de jardins. Lors de l’Exposition internationale tenue à Lyon en 1894, 12.000 pieds de rosiers de 3.000 variétés différentes, produits à Lyon, furent présentés. Beauté lyonnaise, Bijou de Lyon, Coquette de Lyon, Gloire de Lyon , Merveille de Lyon, Perfection de Lyon, Pompon de Lyon, Prestige de Lyon, Triomphe de Lyon, mais aussi Notre dame de Fourvière…La liste est longue, qui égrène les roses – au nombre de cinquante-deux - créées en l’honneur de notre Ville ou de l’un de ses quartiers, avec des noms qui traduisent à la fois l’imagination des obtenteurs, les créateurs de nouvelles roses et leur fierté lyonnaise. C’est qu’aucune ville n’aura autant inspiré les obtenteurs ; les lyonnais ont créé plus de 3.000 roses entre 1835 et 1914, alors que des champs de rosiers s’étendaient sur plusieurs hectares, à La Guillotière, à Vaise, à Monplaisir notamment.

La Grande roseraie est à la fois un jardin de collections et d’agrément, qui permet aux visiteurs de s’approprier la beauté d’une fleur exceptionnelle (en Iran, la rose n’a pas de nom, on l’appelle « la Fleur », elle est la Fleur par excellence, la Reine des fleurs), mais aussi de se réapproprier cette histoire très lyonnaise, à laquelle les Musées Gadagne consacrent une grande exposition qui sera inaugurée après-demain. Elle est aussi devenue une étape incontournable pour bien des touristes dans leur découverte de Lyon, et pour de nombreux jeunes mariés sur le chemin de la vie. Beaucoup se font photographier parmi les massifs de roses mis en valeur par d’autres fleurs, iris, pivoines et plantes vivaces, sur les cheminements en pierre bleue d’Italie, sous les pergolas monumentales. Elle est donc aussi un lieu de socialisation puissant, un lieu dont les familles gardent longtemps le souvenir, le souvenir visuel d’un lieu unique, et le souvenir olfactif de senteurs mêlées inoubliables.

Les Archives municipales ont mobilisé leurs fonds pour en extraire cette passionnante exposition. Je vous en remercie, Madame la Directrice, ainsi que toute votre équipe. Une fois de plus, vous nous proposez une exposition de photographies-documents, qui nous transportent dans le passé. Les œuvres des quatre grands photographes lyonnais que vous nous proposez, François Berthier, René Dejean, André Gamet, Georges Vermard, nous transportent avec leur œil si amoureux de Lyon, dans ces années 1960 au cours desquelles notre cité s’est transformée comme jamais auparavant. L’inauguration de la Grande Roseraie a été un moment fort dans cette transformation, et une étape essentielle pour que la Rose occupe toute sa place dans la mémoire collective. Si aujourd’hui, Lyon peut accueillir le Congrès Mondial des Roses 2015, et si institutions culturelles, ses forces vives avec ses commerçants, savent se mobiliser pour faire vivre un Festival des Roses pendant plusieurs mois, c’est parce que depuis cinquante ans, la Grande Roseraie fait vivre la Rose au cœur de notre cité. Comme la Rose du Petit Prince, créée en 1956 par Joseph Laperrière, rosiériste à Champagne-au-Mont d’Or, la Reine des fleurs a conquis depuis longtemps le cœur des Lyonnais.

Dans la même rubrique :

15 septembre 2016 : « La Ville et ses couleurs » - Le Patrimoine et le Temple du Change
le 15 septembre 2016
par Jean-Dominique DURAND
14 juillet 2016 - Discours à l’occasion de la clôture du Congrès mondial Terra 2016 - Palais des Congrès de Lyon
le 14 juillet 2016
par Jean-Dominique DURAND
28 juin 2016 - Discours à l’occasion de l’inauguration de l’exposition Architecture en terre : les pionniers de la Modernité - Archives Municipales de Lyon
le 28 juin 2016
par Jean-Dominique DURAND
28 juin 2016 - Discours à l’occasion de l’inauguration du nouvel Archevêché
le 28 juin 2016
par Jean-Dominique DURAND
23 juin 2016 - Discours à l’occasion de l’inauguration de l’exposition Le sport européen à l’épreuve du nazisme Des J.O. de Berlin aux J.O. de Londres (1936-1948) - C.H.R.D. 23 juin 2016
le 23 juin 2016
par Jean-Dominique DURAND
22 février 2016 - Musée des Confluences - Discours à l’occasion de l’inauguration de l’exposition "Ma terre première, pour construire demain" et du lancement du grand événement "Lyon 2016, Capitale de la terre"
le 22 février 2016
par Jean-Dominique DURAND
10 février 2016 - musées Gadagne - Allocution à l’occasion du Lancement du premier site Internet en chinois dédié au secteur UNESCO
le 10 février 2016
par Jean-Dominique DURAND
10 février 2016 - Bibliothèque Municipale de Lyon - Discours à l’occasion du vernissage de l’exposition Peintres et Vilains. Imprimer l’art
le 10 février 2016
par Jean-Dominique DURAND
18 juin 2015 : Message à la Royal British Legion à l’occasion de la plantation de rosiers Remembrance Grande Roseraie du Parc de la Tête d’Or
le 1er octobre 2015
par Jean-Dominique DURAND
27 septembre 2015 : Discours en l’honneur de Monsieur Louis Robilliard organiste titulaire de l’église Saint-François de Sales
le 27 septembre 2015
par Jean-Dominique DURAND
puce Contact puce Espace rédacteurs puce squelette puce RSS puce Valid XHTML 1.0 Strict
Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V2
Version :