02 février 2016 - collège Vendôme (Lyon) - Discours pour l’inauguration d’une exposition sur la Bande dessinée et la Grande Guerre
Article mis en ligne le 2 février 2016 par Jean-Dominique DURAND
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Madame la Principale, Mesdames et Messieurs les enseignants, chers collègues, Chers élèves,

Je vous remercie de votre invitation. C’est pour moi d’abord l’occasion de remercier le Collège Vendôme pour son implication dans la vie de la Cité, et sa disponibilité pour accompagner la politique mémorielle de la Ville. Le sujet qui nous réunit aujourd’hui est très important. C’est d’abord et avant tout la Première Guerre mondiale, dont nous commémorons le centenaire. Une guerre effroyable qui a déchiré l’Europe et le monde, qui a provoqué la mort des millions de jeunes gens. 1,4 million pour la France. Je vous invite à prendre conscience de cet épouvantable massacre en vous rendant devant les monuments aux morts. Nous sommes réunis aussi autour d’un moyen de connaître la guerre, la Bande dessinée. Celle-ci est reconnue comme le 9° art. Un art à part entière, et comme la musique, la peinture, la littérature, le cinéma, elle s’est emparée de la Première Guerre mondiale. Elle est comme les autres arts, un moyen de l’exprimer, d’en exprimer les horreurs, parfois aussi de l’exalter. La BD s’est emparée de la guerre, au temps même de la guerre. Elle est contemporaine de la guerre. On voit actuellement se multiplier des ouvrages à l’occasion de la célébration du centenaire, mais on oublie trop souvent qu’elle s’est exprimée sur la guerre pendant la guerre. Son but est alors de mobiliser, et notamment de mobiliser les enfants. Un enjeu majeur était l’arrière. La Première Guerre mondiale est une guette totale, qui mobilise sur la durée, d’août 1914 à novembre 1918, plus de quatre années, le pays tout entier. La BD est alors, tout comme l’art de l’affiche, un élément de la propagande, qui s’adresse en premier lieu à l’arrière, aux familles, aux enfants, aux adolescents. Il s’agit de tenir bon, tout en participant à l’effort de guerre. Bécassine, les Pieds nickelés, Guignol (voir au Musée Gadagne l’exposition Guignol et la guerre), jouent un rôle majeur dans cette mobilisation générale : en 1917, Bécassine Chez les Alliés invite les Français à ne pas se décourager : « ça durera ce que ça durera ; on souffrira ce qu’il faudra souffrir ; mais les Boches, on les aura ! » Après la guerre, et jusqu’à aujourd’hui, la BD a voulu exprimer la guerre, pour en souligner l’horreur, pour la dénoncer, mais aussi pour montrer l’héroïsme des soldats, exalter le sacrifice pour la Patrie. Mais en quoi la BD peut-elle être un moyen pour connaître l’histoire de la guerre ? En fait, la BD, ce n’est pas de l’histoire. L’histoire, c’est une science, qui obéit à des règles précises de rigueur, qui s’appuie sur des sources bien identifiées. La BD est une œuvre de création, tout comme le roman, même si elle entend raconter une histoire qui s’inscrit dans l’histoire. A ce titre elle a le même statut que le roman. Les BD de Tardi sur la guerre peuvent être mises sur le même plan que Le feu d’Henri Barbusse ou A l’Ouest rien de nouveau d’Erich Maria Remarque, ou que certains tableaux films. Comme le roman ou la peinture, ou encore le film, la BD devient alors une source pour l’historien. On peut prendre l’exemple d’un auteur lyonnais, Kamel Mouellef qui, à travers la BD, a souligné l’apport des troupes coloniales à l’effort de guerre. Son travail, intitulé Turcos. Le jasmin et la boue (2011) synthétise bien des ouvrages savants, des thèses, sur le sujet. Certes il ne faut pas espérer y trouver l’exactitude de l’histoire car il s’agit d’œuvres d’imagination, mais les œuvres d’art permettent de saisir une atmosphère, un contexte, elles suscitent l’émotion beaucoup mieux que de longs discours savants. L’oeuvre d’art, dont relève la BD, est un accompagnateur efficace du cours d’histoire.

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