22 février 2016 - Musée des Confluences - Discours à l’occasion de l’inauguration de l’exposition "Ma terre première, pour construire demain" et du lancement du grand événement "Lyon 2016, Capitale de la terre"
Article mis en ligne le 22 février 2016 par Jean-Dominique DURAND
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Madame la Directrice du Musée des Confluences, chère Hélène Lafont-Couturier, Monsieur le représentant de Madame la Directrice de la Division du Patrimoine et du Centre du Patrimoine mondial de l’UNESCO, Monsieur Edmond Moukala, Monsieur le Maire du 2° arrondissement, Monsieur le Président de CRAterre, cher Thierry Joffroy, Mesdames et Messieurs les élus, Mesdames et Messieurs,

Je dois d’abord excuser l’absence de plusieurs personnalités, notamment Georges Képénékian, Premier adjoint au Maire de Lyon, Adjoint à la Culture, Président de l’Établissement public Musée des Confluences, qui suit de près le projet Lyon 2016, Capitale de la terre, Myriam Picot, vice-présidente de la Métropole de Lyon, déléguée à la Culture, et Maire du 7° arrondissement, Michel Le Faou, adjoint au Maire de Lyon, délégué à l’Urbanisme, tous sont retenus par une importante réunion sur le PLUH. Je veux excuser Mathilde Rössler, Directrice de la Division du Patrimoine de l’UNESCO, qui a dû renoncer à sa présence parmi nous en raison d’un deuil. Elle tenait à être présente, et elle est représentée par Edmond Moukala, responsable du pôle Afrique, que nous accueillons avec plaisir.

Nous avons ce soir le premier Acte d’une pièce importante qui va se jouer à Lyon durant une bonne partie de l’année 2016. L’année 2015 a été marquée par l’extraordinaire festival de la Rose. Pendant plusieurs mois, un grand nombre de manifestations de tout genre, ont mobilisé les institutions culturelles de notre ville, musées, archives, avec en son cœur le 17° Congrès mondial de la Rose ; Lyon a vécu au rythme de la Rose. Les Lyonnais ont ainsi redécouvert une mémoire qui s’était un peu enfouie, grâce à une multitude d’initiatives les plus diverses : création de roses nouvelles, expositions, ateliers de peinture, ateliers d’écriture, ateliers d’art floral, lectures, conférences, concerts, films, publications d’ouvrages, contes, balades urbaines, tous les arrondissements et bien des communes de la Métropole ont été mobilisées, des activités pour tous, adultes, enfants, familles. En 2016, les Lyonnais vont redécouvrir une autre mémoire enfouie, ou du moins très méconnue, celle de la terre, celle d’un bâti en terre, à l’occasion du 12° Congrès mondial Terra 2016, qui se tiendra en juillet prochain, en présence de huit cent experts, chercheurs, professionnels, venus du monde entier. Le formidable programme édité à cette occasion montre une grande diversité d’initiatives : expositions, conférence, spectacles, visites guidées. Le prix international des architectures contemporaines en terre, TERRA Award sera remis le 14 juillet, sous l’égide de la Chaire UNESCO « Architectures de terre, cultures constructives et développement durable », en présence du grand architecte chinois Wang Shu. Ce prix, dont la première édition se fera à Lyon, entend distinguer des projets remarquables et les compétences des personnes qui les mettent en oeuvre, repérés dans le monde entier. C’est dire que de même que les Lyonnais n’ont pu échapper l’an passé aux roses, ils ne pourront pas échapper cette année, à la terre. La Ville accompagne en accueillant de nombreux événements dans ses institutions culturelles, en facilitant les contacts avec les différents partenaires, et en les soutenant par une communication commune qui leur apporte de la visibilité. Pour ma part, en tant qu’adjoint délégué à la Mémoire et au Patrimoine, je m’en réjouis. La mémoire, ce n’est pas seulement celle des grands événements heureux ou malheureux, ce n’est pas seulement le souvenir des grands hommes qui ont marqué l’histoire. La mémoire, c’est aussi celle des grands mouvements de fond qui marquent l’évolution de la société, c’est la mémoire économique, la mémoire des diverses formes de travail, c’est la mémoire spirituelle, c’est la mémoire de l’occupation de l’espace, c’est la mémoire de l’architecture. Ces deux grands événements, la Rose hier, la Terre aujourd’hui, permettent de réveiller l’intérêt du public, à partir de démarches scientifiques, pour des activités, des productions, des techniques, des savoir-faire quelque peu oubliés. Or Lyon est riche d’une histoire de la terre. Les récentes découvertes archéologiques ont mis à jour des constructions gauloises, notamment un murus gallicus qui montre que l’usage de la terre dans les constructions remonte très loin dans son histoire. Le patrimoine historique lyonnais n’est pas constitué seulement par les grands monuments en pierre, ou dans sa partie contemporaine en béton avec l’œuvre de Tony Garnier ou aujourd’hui en métal et en verre, comme en témoigne le renouveau des quartiers de la Part-Dieu et de la Confluence. Le pisé, qui se développa au Moyen Âge, connut un grand essor surtout au XIX° siècle, sous l’influence de l’un des principaux théoriciens de la construction en pisé, le Lyonnais François Couturaux qui vécut de part et d’autre la Révolution française. Ses écrits, nombreux, eurent une grande influence, diffusés et traduits dans toute l’Europe et au-delà. « Remuer à la fois la truelle et le marteau, avec la bêche et la houe », telle était sa devise : les villes qui se développaient du fait de l’exode rural, voyaient leurs constructions plonger leurs racines dans la terre, d’où elles venaient en quelque sorte. Une exposition et une table ronde seront consacrées à Couturaux aux Archives municipales. Revenir sur le pisé, c’est redécouvrir le patrimoine lyonnais, que l’on peut observer dans de nombreux quartiers, de Saint-Just à la Croix-Rousse et à Montchat. Aujourd’hui, Lyon concentre la proportion de bâtiments en pisé urbain la plus importante d’Europe.

Accueillir le Congrès mondial Terra 2016, et toutes les manifestations qui tournent autour, est pour la Ville de Lyon et pour la Métropole lyonnaise, et toute la région, une fierté. C’est la reconnaissance de ce que Lyon représente en matière de richesse patrimoniale, de gestion et de préservation du patrimoine. De part son évolution progressive dans l’espace, Lyon a su préserver ses différentes strates architecturales, et reste un conservatoire des différents styles architecturaux et urbanistiques qui se sont succédé au fil des siècles, de l’époque gallo-romaine au XXI° siècle. Le quartier du Vieux Lyon fut le premier quartier sauvegardé de France en 1964, et en 1998, une partie importante de la ville, 422 ha, fut classée au Patrimoine de l’humanité. Aujourd’hui présidente de l’OVPM, l’Organisation des Villes du Patrimoine Mondial, Lyon a de nouvelles responsabilités, vis-à-vis de son propre patrimoine, mais aussi sur le plan de la coopération internationale entre les villes qui ont à gérer, parfois dans la plus grande difficulté, des patrimoines importants et menacés. L’Inventaire de l’architecture de terre réalisé en 2012 sous l’égide de l’UNESCO sur l’ensemble de la planète, témoigne par son caractère systématique de la richesse, mais aussi de la fragilité de l’architecture de terre. On ne peut que se réjouir de la renaissance des mosquées et des mausolées de Tombouctou, qui ont retrouvé leur splendeur été resacralisés il y a quelques jours seulement, le 4 février 2016. Ils avaient été détruits par des barbares qui entendaient priver les habitants de leur patrimoine, c’est-à-dire de leur passé. Mais nous savons la protection du patrimoine est fragile, lorsqu’il est soumis non seulement à l’usure du temps, mais aussi à la folie des hommes.

L’exposition que nous inaugurons ce soir permet de découvrir un matériau que nous connaissons tous bien entendu, mais qui reste en réalité un grand méconnu. Sa longue utilisation au cours des siècles, sa longévité, lui permettent de s’affirmer à nouveau dans le contexte actuel de crise écologique et économique, comme un matériau non plus réservé aux sociétés archaïques, non plus identifié à la pauvreté des moyens et des ressources, mais qui a pleinement sa place dans la modernité. C’est un grand merci que j’adresse au nom de Gérard Collomb, Sénateur-Maire de Lyon, Président de la Métropole, au laboratoire CRAterre-ENSAG et à ses nombreux partenaires qui se trouvent à l’origine de ce festival Lyon 2016, capitale de la terre », que nous lançons ce soir.

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