Conseil Municipal du 4 juillet 2016 - Délibération 2016/ 2223
Article mis en ligne le 4 juillet 2016 par Jean-Dominique DURAND
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Monsieur le Maire, chers Collègues,

Lyon s’honore à travers ces cinq dénominations d’espaces publics en rendant hommage à cinq personnalités très différentes, mais au rayonnement incontestable, même sur le plan international. Les voies Léopold Sédar Senghor, Michel Félizat et simone de Beauvoir ayant déjà été dénommées en 2006, et ayant déjà été l’objet d’une délibération du Conseil Municipal le 18 septembre 2006, je m’arrêterai seulement sur Vaclav Havel, Thérèse Rabatel rendant hommage à Eugénie Niboyet. Il y a une certaine logique à rapprocher dans le même quartier, Vaclav Havel et Léopold Sédar Senghor. Le philosophe-président et le poète-président comme on les a souvent surnommés, ont en effet bien des points communs. Tous deux furent de grands intellectuels engagés en politique à des moments délicats de transition, au moment de l’effondrement des régimes communistes en Europe pour le premier, au moment de la décolonisation pour le second ; tous deux se sont appuyés sur leur œuvre littéraire pour construire une œuvre politique durable ; tous deux furent de grands humanistes et des démocrates convaincus. Vaclav Havel (1936-2011), dramaturge, poète, philosophe, marqué par le grand écrivain tchèque Franz Kafka et par le théâtre de l’absurde, entre dans l’action politique au lendemain de l’écrasement du Printemps de Prague par l’armée soviétique dans l’été 1968. En 1977, en s’appuyant sur les Accords d’Helsinki, il est l’un des principaux promoteurs de la fameuse Charte 77, texte qui exige la restauration des droits de l’homme, signée par de nombreux intellectuels tchécoslovaques. Arrêté, il passe près de cinq ans en prison entre 1977 et 1989. A l’automne 1989, il est le principal leader de la Révolution de Velours qui entraîne la chute de la dictature. Aussitôt élu Président de la République, il garantit un passage à la démocratie dans le respect des droits pour tous, même pour les anciens tortionnaires ; accède au souhait des Slovaques de créer leur propre État et organise une séparation sans heurts, et il engage son pays dans une politique européiste qui lui permet d’adhérer à l’Union Européenne. Mais décédé en 2003, il na pas eu la satisfaction de voir se concrétiser l’année suivante, ce qu’il considérait comme la fin d’une longue période de malheurs pour son pays, ouverte par l’occupation nazie en prélude à la Deuxième Guerre mondiale. L’Europe unie, c’était pour lui l’assurance de la paix et du respect des droits humains.

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