15 septembre 2016 : « La Ville et ses couleurs » - Le Patrimoine et le Temple du Change
Article mis en ligne le 15 septembre 2016 par Jean-Dominique DURAND
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Le Temple du Change est un édifice incontournable du Vieux Lyon. Construit au XVII° siècle puis remanié et agrandi par Soufflot au milieu du XVIII° siècle, cet ancien établissement de bourse est affecté au culte protestant depuis 1803. Cette majestueuse façade agrémente la place du Change très fréquentée par les habitants et les visiteurs du Vieux Lyon.

Autrefois nommé Loge du Change, ou des Changes, il témoigne de l’importance de Lyon comme place commerciale et financière depuis le XV° siècle. Un bâtiment d’importance fut construit au milieu du XVII° siècle, en 1653, sur la place où le change se pratiquait depuis près d’un siècle. Les marchands s’y réunissaient sous une fière devise, tirée de Cicéron, mais bien d’esprit lyonnais : Virtute duce, comite fortuna, « Que la vertu te conduise, que la fortune t’accompagne ». Se révélant trop petite, commande fut passée au grand architecte Jacques-Germain Soufflot, qui occupa une place centrale dans l’aménagement de Lyon au XVIII° siècle. Pensons par exemple au Grand Hôtel-Dieu. Tout en remodelant la place du Change, il reprit le bâtiment entre 1747 et 1749, en le dotant de cinq arcades au rez-de-chaussée et d’une balustrade à l’étage. La décoration est néo-classique, avec un étage ionique sur un rez-de-chaussée dorique, séparés par une frise à triglyphes, ce qui donne un ordonnancement symétrique inspiré du modèle gréco-romain. Les activités économiques s’étant déplacées à la fin du XVIII° siècle sur la rive gauche de la Saône, la Loge fut abandonnée pendant quelques années, puis affectée au culte protestant en 1803 dans le contexte de la réorganisation des cultes par la loi du 18 germinal an X (8 avril 1802). Le temple fut restauré en 1822. Il fut modifié surtout à l’intérieur avec l’installation d’une tribune portée par douze colonnes ioniques. En 1831, le perron fut modifié à son tour. Conformément au projet de Soufflot, comme en témoignent les archives conservées par le Musée Gadagne, la façade fut dotée de deux horloges de part et d’autre du blason central portant depuis la Révolution, les armes de la Ville. Celle de droite indique les heures et les minutes. Celle de gauche, dite « quantième perpétuel » ou « cycloscope » donne les jours en chiffres romains, les mois en toutes lettres, les années en chiffres arabes. Voulue par Soufflot, elle a finalement été installée pour marquer le passage à l’an 2000, à l’initiative de Renaissance du Vieux-Lyon et réalisée par des horlogers lyonnais - Philippe Carry, Jean-Jacques Marchand, Éric et Xavier Desmarquest. Une partie des façades a été classée au titre des Monuments historiques en 1913, l’ensemble de l’édifice est inscrit depuis 2013. Des désordres au niveau des maçonneries sont apparus au début des années 2000. Une étude de diagnostic et d’évaluation a permis de disposer des connaissances historiques, architecturales et techniques permettant d’identifier les travaux à réaliser, de hiérarchiser les urgences et de faire des choix pertinents. Des travaux urgents ont été exécutés par la Ville entre août et décembre 2013, portant sur une reprise de la charpente, une révision des ouvertures et la réparation d’un linteau sur la partie arrière du bâtiment, pour un montant de 600.000 euros. L’opération principale portant notamment sur la façade principale et ses deux retours, dont les grandes menuiseries des cinq baies et des portes, et le traitement du perron et des grilles, a débuté à la mi novembre 2014. On peut noter le travail remarquable et minutieux des artisans, compagnons et apprentis, menuisiers, sculpteurs et tailleurs de pierre, à qui nous devons les très beaux ornements du fronton. L’enveloppe allouée (toutes dépenses confondues) était de 2.400.000 euros, l’État subventionnant à 40% le montant HT. Grâce à ces deux tranches de travaux, la façade a aujourd’hui retrouvé tout son lustre. Elle a été inaugurée par le Maire Gérard Collomb en mars 2016. Avec la restauration extérieure puis intérieure de la Primatiale Saint-Jean, la rénovation de la façade du Palais Saint-Jean, la restauration du Palais de Justice et l’aménagement de son parvis et du quai de Saône, le Palais de Bondy, les travaux sur le Temple du Change s’inscrivent dans la poursuite des actions engagées par la Ville avec le soutien de l’État en faveur de la préservation du patrimoine lyonnais, notamment celui du Vieux-Lyon, et du secteur défini comme Patrimoine de l’Humanité par l’Unesco. Pour chacune de ces restaurations, un travail important est réalisé au niveau des couleurs, respect des couleurs d’origine notamment, mais aussi du Plan couleur établi pour la Ville, mais le coloriste de la Ville vous en dira plus tout à l’heure.

Cette restauration s’inscrit dans une politique patrimoniale d’ensemble particulièrement active, qui se développe non seulement avec l’État, partenaire incontournable sur ce sujet, mais aussi avec les nombreux acteurs du tissu associatif lyonnais. C’est pourquoi j’ai tenu à créer les « Rendez-vous du Patrimoine » qui se sont tenus pour la première fois en mars 2016 à l’Hôtel de Ville, conçus pour être un lieu de rencontre et d’échanges entre toutes celles et tous ceux qui se mobilisent pour le patrimoine, qu’il soit matériel (bâtiments), immatériel (par exemple Guignol, la soie…), ou environnemental. En 2017, nous créons un Prix Citoyens du Patrimoine destiné à reconnaître les efforts réalisés par les porteurs de projet. Lyon a souvent fait figure de pionnière dans la valorisation et la protection du patrimoine. Le Vieux-Lyon a été le premier Secteur sauvegardé de France en 1964, en application de la loi Malraux ; en 1998, l’UNESCO a inscrit le site historique de Lyon sur la liste du Patrimoine mondial de l’humanité, pour la continuité urbaine qu’il conserve de l’Antiquité à nos jours, une notion nouvelle à l’époque. Un patrimoine de 2000 ans toujours vivant et habité. Belle reconnaissance de ce travail et de cette politique, notre ville vient de recevoir un prix prestigieux, celui des meilleures destinations pour des séjours de courte durée, de deux ou trois jours, et depuis 2015, Lyon est la première ville française à présider l’Organisation des Villes du Paterimoine Mondial (OVPM), et nous accueillons dans quinze jours son Conseil d’Administration.

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